Le renouveau du Survival Horror?

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Le renouveau du Survival Horror?

Message par Cedsre le Lun 19 Jan - 18:44


Ces dernières années, le genre survival horror a connu pas mal de revers avec le déclin de licences phares telles que Resident Evil et Dead Space, pour n'en citer que deux. Annonçant un renouveau du genre, un retour aux sources, la sortie de The Evil Within était attendue de pied ferme et avec un engouement certain par de nombreux amateurs de survival horror. C'est d'autant plus vrai que le chef du projet n’est autre que le créateur de la série devenue culte Resident Evil, Shinji Mikami.
Promesse tenue ou énième déception ? C’est ce que nous allons tenter de voir à travers cet article.


On incarne un détective, Sebastian Castellanos, chargé d’enquêter sur un terrible massacre survenu dans un asile. Arrivé sur place, escorté par deux de ses collègues, Sebastian visualise la vidéo de sécurité où il aperçoit un mystérieux personnage. Il se fait assommer juste après. Le héros se réveille attaché par les pieds dans une pièce qui vous plonge directement dans l’ambiance et vous rappellera étrangement le film « Massacre à la tronçonneuse ». Vous devrez avancer sans arme tout en étant poursuivi et blessé. Il sera très important de bien analyser votre environnement et de jouer de toutes ses subtilités afin de ne pas succomber à votre ravisseur et ainsi en sortir indemne. Inutile de vous rappeler qu'à la moindre erreur c’est la mort assurée. En effet, à ce stade de l'aventure, votre personnage ne pèse pas bien lourd face aux ennemis qui se dressent devant lui.

Les premières heures du jeu peuvent en dérouter plus d’un. Notre héros est en proie à des hallucinations et on passe sans aucune explication d’un couloir obscur à une forêt sombre et inquiétante. Peut-on dire que c’est un échec au point de vue du scénario ? Tout dépend de l’interprétation de chacun. Sachez tout de même que quelques réponses sont données dans la dernière partie du jeu. Mais je n'en dirai pas plus afin de laisser le plaisir aux joueurs qui voudraient se lancer dans l’aventure. Selon moi, cela a été fait exprès afin de mettre à mal le confort du joueur. En effet, on enchaîne les passages rythmés sans jamais comprendre les transitions. Les seules zones calmes sont les endroits de sauvegarde auxquels on accède grâce à un miroir fissuré qui nous téléporte vers l’asile. D’ailleurs, on peut repérer les différents miroirs disséminés dans les différents niveaux du jeu par la petite musique « Clair de Lune » de Debussy.
Grâce à ce scénario, les développeurs ont pu proposer une aventure qui offre une assez bonne durée de vie. En effet, il vous faudra entre 15 et 20 heures pour venir à bout des 15 chapitres du jeu et, bien sûr, de nombreuses morts. D’ailleurs, parlons de l’environnement. Au cours des différents chapitres, vous traverserez des environnements variés. Certains sont semi ouverts. Ils vous demanderont de bien observer votre environnement et les différentes rondes des ennemis afin de ne pas vous faire avoir. Vous évoluerez ainsi de façon furtive à la manière d’un « The last of US ». Les autres sont plus étriqués. Vous les trouverez en traversant l’asile. Vous l’aurez compris, les situations sont multiples et variées. Ce qui tient le joueur en haleine quand la trame scénaristique n'avance pas trop et lui évite de se lasser. Malheureusement, on notera quelques défauts techniques pour certains environnements qui sont, sans mentir, indignes de la nouvelle génération. Mais cela ne vous gâchera pas le plaisir de jeu. On notera aussi que la réalisation artistique s’inspire essentiellement du cinéma d’horreur nippon.

Vous remarquerez aussi que l’écran de jeu est coupé par deux bandes noires qui sont situées en haut et en bas de l’écran. Cela renforce l’aspect cinématographique du titre. Cependant, certains joueurs pestent contre ce choix artistique qui diminue, selon eux, leur confort de jeu. Il est possible de retirer ces deux bandes noires sur PC grâce à un patch. La caméra a aussi été volontairement rapprochée au niveau de l’épaule. Cela réduit le champ de vision et renforce l’angoisse et la peur. En effet, le joueur a ainsi une vision plus restreinte sur son environnement. Une fois de plus cela pourrait en rebuter plus d’un. Personnellement, cela ne m’a pas dérangé mais c’est une question d’habitude.
Mais là où le bas blesse, c’est le framerate en dents de scie. Je ne comprends pas que, de nos jours, on puisse sortir un jeu comportant de tels inconvénients. Bien que cela ne vous empêchera pas de continuer et de finir l'aventure, ce problème gâche clairement l’expérience de jeu. Il est d'autant plus difficile d'en comprendre la cause que la technique du jeu ne brille pas par la qualité de ses environnements extérieurs qui manquent de finesse. Même si on peut noter quelques effets d’éclairages et des modélisations de personnages réussis.    

Voilà pour les aspects techniques du jeu, mais rentrons dans le cœur du sujet : le gameplay et l’ambiance.
En termes d’ambiance on peut dire clairement qu’elle se rapproche de celle de « Resident Evil 4 », d’ailleurs il y a beaucoup de ressemblances avec cet opus. En effet, comme dans RE4, nous traverserons un village infesté de créatures. Vous y affronterez le fameux personnage tenant une tronçonneuse à la main. Ceci n’est que l’une des très nombreuses ressemblances avec cet opus. A croire que Mikami a décidé de reprendre les phases cultes de RE4 et de les implémenter dans The Evil. Ce qui malheureusement empêche vraiment de créer une identité propre au jeu. Mais la ressemblance ne s’arrête pas là, même le gameplay se rapproche fortement de celui de « Resident Evil 4 ». Ce qui n’est pas pour déplaire aux fans de cet opus, surtout quand on connaît le succès commercial qu'il a eu. Mais les puristes regretteront ce manque d’initiative et de prise de risque.

On regrettera aussi la tournure que prend le jeu à partir du chapitre 5. Au début, vous êtes seulement armé de votre couteau. Vous devez évoluer dans un univers hostile où les ressources telles que les munitions se font encore assez rares. On se demande comment les gérer. Ce qui d’ailleurs force le joueur à privilégier l’infiltration. Malheureusement dès le chapitre 6, le jeu va basculer dans un « Resident Evil 4 » rien de plus classique. C’est-à-dire une série de phases « pan pan », où les ennemis sont de plus en plus nombreux avec un arsenal qui s’étoffe. Ce qui conduit inévitablement à des scènes d’action au détriment des scènes d’infiltration. Malheureusement, « The Evil Within » a été victime, comme beaucoup d’autres jeux du genre, du syndrome « Resident Evil 4 ». C’est-à-dire un manque d’équilibre entre l’exigence du survival horror et les phases d’action. Ce qui transforme le jeu en un simple et banal TPS orienté action. Vous l’aurez compris, nous sommes loin d’un retour aux sources convaincant.

Mais est-ce que cela en fait un mauvais Survival Horror ? Je vous répondrais que non et c’est d’ailleurs le dernier point que je vais développer. Il s’agit de la difficulté. Je peux vous dire que vous aurez du challenge dans ce jeu. Tout d’abord, il faut savoir que lorsque vous commencez vous avez le choix entre les modes Détente et Survie. A la fin d’un de ces deux modes, vous débloquerez le mode Cauchemar et le fameux mode Akumu, Je vais aborder ce-dernier ci-dessous.

Tout d’abord il est bon de savoir ce que comprend ce mode. Le mode Akumu, qui veut dire cauchemar en japonais, mettra vos nerfs à rude épreuve. En effet, les ennemis sont beaucoup plus nombreux mais surtout variés. Dès le chapitre 3, vous serez confronté à des ennemis qui, normalement, n’apparaissent que vers la fin du jeu. Bien sûr, ceux-ci sont beaucoup plus résistants et les munitions se font beaucoup plus rares. Cela qui vous demandera une bonne gestion de votre équipement. Vous devrez privilégier les phases d’infiltration au détriment de l’action si vous ne voulez pas mourir. Les ennemis sont beaucoup plus réactifs. Il auront vite fait de vous déborder quand vous vous serez fait repérer. De plus, vous mourrez au moindre dégât. C’est en ce sens que le terme survival horror prend tout son sens à mes yeux. Exit les phases « pan pan » où l’on fonce tête baissée avec notre arsenal qui est plus que conséquent. Ici, le moindre passage vous fera bondir, installant une peur constante. Même les endroits dits « safe » que vous connaissez depuis votre première partie ont été remplacés par des pièges bien dissimulés. Ils vous feront bondir de votre siège. Enfin, les boss, l’un des points fort du jeu, sont assez variés et très bien modélisés. Ils vous proposeront un véritable challenge et vous verrez plusieurs fois l’écran de chargement avant d'en venir à bout.

« The Evil Within » est loin d’avoir marqué un retour aux sources même si les amateurs du genre trouveront quand même leur compte dans cet opus. On regrettera la tournure que prend le titre au milieu de l’aventure et des petits soucis techniques qui viennent ternir un peu l’expérience de jeu. On notera quand même les quelques bonnes idées de ce titre même si elles ne sont pas assez nombreuses pour lui donner une réelle identité.
Car, soyons clairs, nous sommes en face d’un « Resident Evil 4 » bis, certes bon et jouissif mais on est quand même bien loin des promesses qu’on nous avait promises. Force est de constater que l’influence de « Resident Evil » se fait toujours sentir et que les développeurs n'ont pas trouvé le bon équilibre entre action et survival horror.
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